REFORME DES RETRAITES COMPLEMENTAIRES AGIRC-ARRCO : LES INCIDENCES POUR LES ENTREPRISES ET LES SALARIES

par Serge LANTEAUME, Dirigeant fondateur de Seniors Formation

 

Retraites complémentaires : ce qui va changer pour les salariés et les entreprises.

Le vendredi 30 octobre 2015, les partenaires sociaux (organisations syndicales représentatives du patronat et des salariés), se sont réunis au siège du MEDEF  afin de valider le texte portant sur l’accord de la réforme des retraites complémentaires AGIRC et ARRCO, pour sauvegarder ces régimes de retraite qui représentent, notamment pour les cadres une partie très importante de leur retraite.

Que prévoit cette réforme ?

Il est prévu dans cet accord, qu’à partir de 2019 les salariés réunissant les conditions nécessaires à un départ en retraite à taux plein (62 ans + nombre de trimestres suffisants pour une retraite de base à taux plein), pourront partir en retraite avec une décote de 10% de leur retraite complémentaire, pendant 2 ou 3 ans, où travailler une année de plus pour percevoir leur retraite complémentaire à taux plein. En revanche, les salariés qui travailleront deux ans de plus (c’est-à-dire jusqu’à 64 ans) bénéficieront d’un bonus de 10% par année supplémentaire cotisée. Ce bonus peut atteindre 30 % pour  quatre années de travail supplémentaires.

Exemple à partir de 2019, sur la génération 1957 qui doit compter 166 trimestres pour faire valoir ses droits à retraite.

Salarié né en 1957 2019 2020 2021 2022 2023
Age 62 63 64 65 66
Nombre de trimestres 166 170 174 178 182
Retraite de base

Sécurité sociale ou MSA

Taux plein Taux plein + surcote de 5% Taux plein + surcote de 10% Taux plein + surcote de 15% Taux plein + surcote de 20%
Retraites complémentaires AGIRC – ARRCO

Taux plein

-10%, soit 90% de la retraite complémentaire

Taux plein, soit 100% de la retraite complémentaire Taux plein, soit 110% de la retraite complémentaire Taux plein, soit 120% de la retraite complémentaire Taux plein, soit 130% de la retraite complémentaire

 

Les incidences pour les salariés

Sur le tableau précédent, il est possible d’apprécier à quel point le système est incitatif pour engager les salariés à travailler plus longtemps.

Illustration par deux exemples :

  • Pour un employé né en 1957, et disposant en 2019 de 6.890 points ARCCO (Valeur du point ARCCO en 2015 = 1.2513 €)
 

Années

 

2019 2020 2021 2022 2023
Age 62 63 64 65 66
Nombre de trimestres 166 170 174 178 182
Salaire Moyen des 25 meilleures années 21 000 €
Dernier salaire 2 166 €
Retraite de base

Sécurité sociale (mensuel)

875.00 € Surcote 5%

918.75 €

Surcote 10%

962.50 €

Surcote 15%

1.006.25 €

Surcote 20%

1.050.00 €

Retraites complémentaires ARRCO (mensuel)

Taux plein – 10%

646.61 €

Taux plein + nouveaux points

736.18 €

Taux plein  + nouveaux points + 10%

829.30 €

Taux plein +  nouveaux points + 20%

925.96 €

Taux plein +  nouveaux points + 30%

1026.17 €

Total retraite mensuel 1.521.61 € 1.654.93 € 1.791.80 € 1.932.21 € 2.076.17 €
Taux de remplacement 70.25% 76.40% 82.72% 89.21% 95.85%

 

  • Pour un cadre né en 1957, et disposant en 2019 de 5071 points ARCCO et 3441 points AGIRC (Valeur du point ARCCO en 2015 = 1.2513 € – Valeur du point AGIRC en 2015 = 0.4352 €)
 

Années

 

2019 2020 2021 2022 2023
Age 62 63 64 65 66
Nombre de trimestre 166 170 174 178 182
Moyenne des 25 meilleures années 32 000 €
Dernier salaire 4 000 €
Retraite de base Sécurité sociale (mensuel) 1.333.30 € Surcote 5%

1.399.97 €

Surcote 10%

1.466.63€

Surcote 15%

1.533.30 €

Surcote 20%

1.599.96 €

Retraite complémentaire ARRCO (mensuel)

Taux plein – 10%

742.33 €

Taux plein + nouveaux points

845.67 €

Taux plein + nouveaux points + 10%

950.88 €

Taux plein + nouveaux points + 20%

1061.10 €

Taux plein + nouveaux points + 30%

1175.28 €

Retraite complémentaire AGIRC (mensuel)

Taux plein – 10%

239.90 €

Taux plein + nouveaux points

281.07 €

Taux plein + nouveaux points + 10%

325.13 €

Taux plein + nouveaux points + 20%

372.10 €

Taux plein + nouveaux points + 30%

421.96 €

Total retraite mensuel 2315.54 € 2.526.70 € 2.742.64 € 2.966.49 € 3.197.21 €
Taux de remplacement 57.89% 63.10% 68.57% 74.16% 79.93%

 

Alors, si vous êtes nés à partir de 1957, prenez vos calculettes ou faites vous accompagner pour connaitre les réelles incidences des différentes réformes sur votre cas particulier.

Les incidences pour les entreprises

Concernant les ouvriers et/ou employés la perte sur la retraite complémentaire pourra jouer sur le choix de la date de départ en retraite  (à condition que les assurés aient une vision claire de ce qu’ils vont percevoir comme retraite), ce qui n’est pas toujours le cas du fait du manque de disponibilité du personnel des CARSAT pour les informer et les renseigner. En revanche, les personnels exerçant des métiers à forte pénibilité feront certainement le choix de partir dès que possible, même avec une réduction de la retraite complémentaire.

Sur les populations de cadres, le problème est assez différent, en effet, les retraites complémentaires représentent une part très importante de la retraite et là, la décote de 10% accroîtra le différentiel entre dernier salaire et retraite mensuelle. En revanche, les perspectives d’atteindre un taux de remplacement supérieur à 70% risque de fortement inciter les cadres à travailler plus longtemps avant de faire valoir leurs droits à retraite.

Nous risquons donc, suite à cette réforme de voir partir en retraite les ouvriers et employés vers 62 ou 63 ans et les cadres entre 63 et 65 ans.

Cette réforme des retraites complémentaires va entrainer pour les entreprises un accroissement de la population des salariés âgés. De fait, elles vont avoir plus de difficultés à appréhender les fins de carrière de leurs collaborateurs, ce qui va nécessiter une nouvelle approche de l’employabilité, de la motivation et des carrières des salariés seniors, d’autant qu’une « taxe » sur les licenciements ou les ruptures conventionnelles au profit de l’AGIRC-ARRCO pourrait venir compléter cette réforme.

Cette nouvelle situation oblige les entreprises à engager une véritable démarche de gestion des âges basée sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Ainsi, le développement des compétences, s’il est de la responsabilité du salarié, devient par la force des choses une préoccupation de l’entreprise dans un souci de maintien de l’employabilité en interne. Cette réflexion va devoir s’inscrire dans une démarche prospective d’anticipation des évolutions de carrière, de réorientation professionnelle, avant de pouvoir aborder la phase de transition vie professionnelle et retraite.

Etre « senior » en 2015… Du mythe à la réalité

Par Georges DUPUY, cofondateur de SENIORS FORMATION

Les salariés seniors sont-ils appréciés à leur juste valeur par les employeurs ?

Le taux d’activité des personnes de plus de 55 ans est particulièrement faible en France, surtout pour les hommes, dont le taux d’activité est l’un des plus bas de l’Union européenne.

Pour combattre le chômage des seniors, et encourager l’entrée sur le marché du travail des plus jeunes, les pouvoirs publics ont mis en place en mars 2013 le « contrat de génération ».

Force est de constater que deux ans plus tard (loi du 1er mars 2013, publiée au JO du 3 mars 2013) le contrat de génération n’a pas trouvé sa place.

Le Directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE, Stefano Scarpetta, estime que : « Le gouvernement et les partenaires sociaux doivent aujourd’hui définir des objectifs plus ambitieux pour permettre à un nombre croissant de seniors de retrouver ou de garder un emploi de qualité avant d’avoir accès à une retraite à taux plein ».

Parmi les recommandations préconisées dans le rapport, l’OCDE conseille à la France de :

  • « Lutter contre la discrimination liée à l’âge : combattre les représentations négatives des seniors dans le monde du travail qui constituent une entrave majeure à l’allongement de la vie active et qui incitent les employeurs à peu recruter après l’âge de 55 ans »

Par rapport aux autres pays européens, pourquoi la notion d’âge est-elle perçue différemment en France ?

Le mythe et les représentations négatives 

Si la discrimination sur base de l’âge est interdite, cela ne signifie pas pour autant qu’elle n’existe pas…

Beaucoup d’employeurs ont des préjugés vis-à-vis des travailleurs plus expérimentés. Ils exigeraient des salaires trop élevés, auraient moins d’énergie que les jeunes et seraient réfractaires aux nouvelles technologies. Tucker Mays, le co-auteur du livre ‘Viré à 50 ans’ confirme cela : « Les entreprises et les recruteurs ne sont pas intéressés par l’embauche de travailleurs de plus de 50 ans, même si leur CV est très fort. Beaucoup sont persuadé que les travailleurs plus âgés ne sont pas flexibles.

La réalité : 10 raisons pour lesquelles les seniors sont un atout pour les entreprises !

Finissons-en avec les clichés : les seniors peuvent être un atout précieux pour une entreprise. Voici 10 raisons pour lesquelles il faut les engager!

1. Ils sont en fait en contrat à durée déterminé

Lorsque vous embauchez en CDI un senior de 55 ans vous savez que vous allez bénéficier de ses compétences pour une durée limitée – 5 ans, 7 ans ou 12 ans mais pas au-delà.

2. Ils sont identifiables

Avant d’engager un senior, un recruteur peut se renseigner sur ses compétences, son caractère et sa loyauté auprès de tous ses précédents employeurs. Il a les moyens de cerner parfaitement le candidat âgé et a peu de chance de faire une erreur de recrutement.

3. Ils sont flexibles

Les seniors sont en général libérés des contraintes familiales et ne doivent donc pas intégrer dans leurs préoccupations professionnelles d’aller chercher leurs enfants à la crèche, à l’école ou au collège après le travail ; les emmener pratiquer les activités extra scolaires ; rester à la maison parce que leur enfant est souffrant.

Ils n’auront donc en général pas de problème à rester plus longtemps au travail pour boucler un projet. Ils peuvent également travailler pendant les périodes où les autres travailleurs sont souvent absents (vacances scolaires). Un atout considérable pour l’organisation des congés !

4. Ils ont le discernement

Dans notre quotidien, quand nous ne savons pas quelque chose, il nous arrive souvent de demander à quelqu’un de plus expérimenté.

La même logique s’applique au monde de l’entreprise: il est très utile de pouvoir s’adresser à quelqu’un de plus âgé. Même si le monde de l’entreprise est en perpétuelle évolution, les seniors ont appris beaucoup de choses au cours de leur carrière, rencontré beaucoup de personnes et leur expérience est encore valable aujourd’hui. Les seniors peuvent devenir les mentors des jeunes travailleurs.

5. Ils savent prendre du recul sur les situations d’urgence

Leur expérience et leurs vécus sauront apporter à votre situation un regard neutre, sans concession excessive mais bienveillant, afin de vous amener à voir et à considérer les choses sous un autre angle de vue.

6. Ils peuvent apporter une  « paisible » valeur ajoutée

L’intégration d’un senior dans une équipe se passe bien car il apporte une réelle expertise et n’est pas perçu comme un nouveau concurrent qui va tout faire pour progresser dans la hiérarchie de l’entreprise. Ils ne perdent pas de temps à « chercher à se placer » pour construire leur carrière. Ils ont dépassé cela et se concentrent sur le travail effectif.

Par un système efficace de tutorat, ils peuvent transmettre leur expérience aux plus jeunes.

7. Ils sont moins déstabilisés face aux situations de stress

Les relations en entreprise passent nécessairement par des moments de conflits et de tension. Il est essentiel de savoir les reconnaître et les traiter. Il en va de la capacité des collaborateurs à travailler efficacement et des résultats de l’activité. Savoir s’affirmer positivement est une clé de réussite pour soi et pour les autres.

8. Ils sont prêts à s’engager

Aucune étude n’atteste de manière formelle d’un lien entre l’âge et la diminution de la productivité. L’âge serait moins déterminant que les capacités individuelles.

L’âge d’une personne ne détermine absolument pas son dynamisme et son envie d’apprendre: c’est un trait de caractère. Certains seniors sont plus que jamais motivés et avides de relever de nouveaux défis,  et ils ne rechignent pas à apprendre de nouvelles technologies ou compétences.

9. Ils ne sont pas démunis face aux nouvelles technologies

C’est à la fin des années 1980 que le réseau mondial Internet arrive en France. A partir de la deuxième moitié des années 1990, et surtout à partir de 2001, Internet, la bureautique et le téléphone mobile connaissent une plus large diffusion en France. Notre senior qui a aujourd’hui 55 ans avait à ces dates là entre 25 ans et 41 ans…

10. Ils savent résoudre rapidement les problèmes

Parce qu’ils auront rencontré dans le passé des situations ou des problématiques analogues ils seront plus à même de trouver dans leurs expériences antérieures les clefs de la résolution du problème.

La retraite,… La fin d’un statut social ?

Prendre sa retraite, c’est perdre son statut social

Par Georges DUPUY, Dirigeant fondateur SENIORS FORMATION

En quittant votre activité professionnelle, vous quittez également votre statut social. « Je suis retraité… ». Cette expression rabote le statut social plus vite que le temps qu’il faut pour le dire !
Un retraité est un anonyme alors que Monsieur le Chef de service ne l’est pas.

Chef de service ou pas, le statut social donne de l’existence. Un commerçant, un commercial, un enseignant, un technicien, un manager, un chercheur, etc. sont socialement ce qu’ils sont parce qu’ils se définissent par leur activité professionnelle et/ou à travers leur entreprise ou leur emploi.
Pour les autres, leur entourage proche et devant leur miroir le matin, l’identité de soi, donnée par le travail donne de la solidité.

Etre retraité n’a pas le même sens. C’est un statut administratif dont la valeur sociale est singulièrement imprécise.

L’arrêt de la vie professionnelle peut donc être souvent associé à un retrait du monde social. Petit à petit vous allez perdre le contact avec les personnes qui faisaient partie de votre cercle relationnel : collègues de travail, clients, fournisseurs, hiérarchie, relations professionnelles…

Certains actifs au moment de la retraite, prennent conscience qu’ils ont donné l’essentiel de leur temps à la vie professionnelle et peu investi dans une vie sociale privée.

Heureusement, il n’est jamais trop tard.

Maintenir ou recréer un réseau de relations sociales

Le moment de la retraite est propice pour se poser la question : « qu’est ce que je désire faire de ma vie ?, qui aurais-je plaisir à rencontrer ? »

Si certaines personnes préfèrent être peu entourées mais n’avoir que des liens forts, d’autres préfèrent avoir des contacts nombreux, même s’ils restent souvent superficiels. Il n’y a ni règle, ni solution universelle.

Jeune retraité(e) vous allez réorganiser l’identité qui était la vôtre auparavant. Ce que vous allez être va se construire à la fois par votre regard sur vous-même et par votre rapport à l’autre et à la société.

La richesse est chez vous mais également chez les autres. Ils vous enrichissent car ils vous apportent leur façon d’être, leur culture, leur expérience ; car ils vous renvoient une image de vous-même, par l’attention qu’ils vous portent. Et, comme ça marche dans les deux sens, inconsciemment, vous leur apportez et leur donnez aussi.

Etre en lien avec d’autres personnes, quelles qu’elles soient, contribue à construire votre propre identité.

Si vous êtes en couple, maintenir ou se créer des relations sociales peut être très positif. C’est le moment de redéfinir les attentes communes tout en respectant le territoire et l’indépendance de chacun. Aller puiser à l’extérieur aux travers de relations et d’activités sociales est une source d’enrichissement réciproque.

Alors…, pensez à vos forces en tant que personne, et aux choses qui pourraient attirer les autres vers vous.

Nous vous souhaitons de belles rencontres.

Article 3

Horum adventum praedocti speculationibus fidis rectores militum tessera data sollemni armatos omnes celeri eduxere procursu et agiliter praeterito Calycadni fluminis ponte, cuius undarum magnitudo murorum adluit turres, in speciem locavere pugnandi. neque tamen exiluit quisquam nec permissus est congredi. formidabatur enim flagrans vesania manus et superior numero et ruitura sine respectu salutis in ferrum.

Horum adventum praedocti speculationibus fidis rectores militum tessera data sollemni armatos omnes celeri eduxere procursu et agiliter praeterito Calycadni fluminis ponte, cuius undarum magnitudo murorum adluit turres, in speciem locavere pugnandi. neque tamen exiluit quisquam nec permissus est congredi. formidabatur enim flagrans vesania manus et superior numero et ruitura sine respectu salutis in ferrum.

Article 5

Horum adventum praedocti speculationibus fidis rectores militum tessera data sollemni armatos omnes celeri eduxere procursu et agiliter praeterito Calycadni fluminis ponte, cuius undarum magnitudo murorum adluit turres, in speciem locavere pugnandi. neque tamen exiluit quisquam nec permissus est congredi. formidabatur enim flagrans vesania manus et superior numero et ruitura sine respectu salutis in ferrum.

Horum adventum praedocti speculationibus fidis rectores militum tessera data sollemni armatos omnes celeri eduxere procursu et agiliter praeterito Calycadni fluminis ponte, cuius undarum magnitudo murorum adluit turres, in speciem locavere pugnandi. neque tamen exiluit quisquam nec permissus est congredi. formidabatur enim flagrans vesania manus et superior numero et ruitura sine respectu salutis in ferrum.